Je ne sais que faire face à ta douleur,
Je suis si impuissante devant ce mal...
Je ne peux me battre contre cette tumeur,
Je le voudrais...et te donner toute ma force vitale...
Je voudrais pouvoir te guérir,
Simplement en t'offrant mes sourires.
Je voudrais tant faire plus, crois moi...
Ne pars pas, pas maintenant, pas toi...
Sache seulement que, à mes yeux...
Tu es bien plus que mon grand père,
Tu as été pour moi, ce guide, un père...
Toujours présent, peu importe l'enjeu.
Pour te garder un peu, encore...
Je me rappelle, me remémore...
Tous ces souvenirs avec toi, pépé,
Ces moments que nous avons partagés.
Et toi, alité, fatigué, les yeux fermés,
Trop faible pour les maintenir ouverts.
Tu m'écoutes te conter ces morceaux de passé,
Esquissant parfois un sourire, serrant ma main sincère.
Rappelle toi de tout, écoute notre histoire...
Tu venais me chercher à l'école, chaque soir,
Maternelle, puis classes primaires...
Tu m'attendais à la sortie, sous le réverbère.
Rappelle toi nos promenades le mercredi après midi,
A pied, à vélo, dans le parc ou dans les vignes...
Courant derrière mon ballon, plein d'nergie,
Dévalant et me faisant de grands signes.
Rappelle toi tout ce que tu m'as enseigné,
Toi, derrière mon vélo, me soutenant,
Puis tu m'as lâché et regardé, éberlué...
En criant « tu sais faire du vélo maintenant ! »
Rappelle toi quand tu m'pliquais ce jeu,
La Belote, j'ai aimé toutes nos parties à deux.
Au début, tu me laissais même gagner,
Pour éviter de me faire pleurer...
Rappelle toi quand tu me racontais tes jeunes années,
Ton enfance pas facile, à travailler dans les champs,
Tes études reprises alors que tu n'avais plus vingt ans,
Pour pouvoir accéder ensuite à ton métier...
Rappelle toi quand nos rôles étaient inversés,
Mamie et toi, dans ma chambre d'hôpital,
M'apportant réconfort et soutien moral,
Jouant avec moi toutes ces journées...
Rappelle toi de tout ça et plus encore,
Mais surtout n'oublie pas ces mots...
N'oublie pas, « Pépé, je t'aime fort »
Je le sais, tu vas partir bientôt...
Je voudrais te voir te lever à nouveau,
T'entendre parler ou même me réprimander,
Toujours te savoir là, à mes côtés,
Tu me manques déjà, pourquoi partir si tôt ?
Je sais que je suis égoïste de penser cela,
Je voudrais que tu restes encore un peu,
Pourtant, tu as déjà fais un pas là-bas...
Je sais, il faut se résoudre à te dire adieu...